Anor
est la commune qui possède le plus grand nombre de ces petites chapelles,
vestige d'un art frustre, mais ô combien riche dans sa diversité.
De tout temps, les hommes mirent chemins, carrefours et maisons sous la
protection des divinités : grands arbres sacrés des gaulois
à la fois image d'un Dieu et point de repère ; aediculae romains
protégeant les routes et dédiés à Jupiter ou
à Hercule, calvaire et croix de carrefour. nos petites chapelles
ont la même vocation, la même origine. Elles furent édifiées
souvent en même temps que la maison qu'elles devaient protéger,
d'autres le furent pour accomplir un voeu ou pour obtenir une grâce
par l'intercession d'un Saint.
Les destructions décrétées pendant la Révolution
furent pratiquement sans effet et la plupart des chapelles se sont maintenues
aujourd'hui.
L'association des Amis des Chapelles oeuvre aujourd'hui au recensement et
à la conservation de ce petit patrimoine religieux.
On distingue deux types d'édifices :
La petite chapelle typique de l'Avesnois, en pierre bleue ou en briques
que nous appelons potale parce qu'elle a la forme d'un poteau. Elle sert
à mettre en valeur la niche aux saints et est souvent sommée
d'une boule surmontée d'une croix de fer forgé ou de pierre.
On la trouve aussi bien près des maisons qu'au bord des chemins.
L'oratoire, petite église miniature avec autel, chaque chapelle
est dédiée à un ou pluseiurs Saints, à la Vierge
qui est invoquée sous quinze noms différents, au Christ ou
au Saint-Esprit. Chacun d'eux offre une protection particulière,
Anor possède un saint pour chaque affection du corps, pour les animaux,
pour l'orage etc...
Les oratoires d'Anor les plus remarquables sont : la chapelle Saint-Gorgon,
véritable église qui était encore il y a quelques années
objet d'un pélerinage très populaire en septembre, la chapelle
de Walcourt, rue du Revin, admirablement restaurée, la chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours
dans un site mystérieux au fond du bois de la Fontaine-à-Bailles
auprès d'un ruisseau, la chapelle du Grand-Saint-Esprit à
la Neuve-Forge au dessus de la cascade.
Les maisons d'Anor se caractérisent d'abord par le mariage de la brique rouge traditionnelle du nord de la France et de la pierre. On y trouve de la pierre calcaire bleue ou grise, mais aussi du grès d'Anor. Pierre au grain très fin, dur et serré, le grès d'Anor est de couleur variable en fonction des pigments qu'il a rencontré, du gris pâle au noir en passant par l'ocre.
La pierre est très présente, on la trouve dans les linteaux des portes et des fenêtres, en bandeau sur les façade, en chaînage latéraux des pieds droits des fenêtres et des portes des habitations.
La chaude couleur de la brique est en harmonie avec la blancheur de la pierre , le gris bleuté des toits d'ardoise vient en toute simplicité mettre la touche finale à l'intégration parfaite au paysage de l'Avesnois.
L'habitat ouvrier, présent dans le centre du village témoigne de l'histoire industrielle de la commune. On peut encore y voir nombre de maisons qui portent l'inscription "café" ou "estaminet". Ces établissements étaient au XXème siècle au centre de la vie sociale.
Des forges qui ont fait l'histoire d'Anor entre le XVIème et le XIXème siècle il ne reste quasiment plus rien. Seules subsistent trois usines de métallurgie encore en activité.
Les linteaux des fenêtres et des portes sont en pierres ou en briques, quelquefois cintrés avec une pierre monobloc ou bâti avec une clé de voûte.
Les murs se décorent d'ancres de fer ouvragées qui concourent à la solidité des murs.
Les toits, traditionnellement couverts d'ardoise, plus rarement de tuile rouge, sont souvent à "nez cassé". On voit aussi quelquefois d'anciens toits dont la rupture de pente empêchait le ruissellement des eaux pluviales sur les murs.
Deux types d'ouverture sont particulièrement répandues dans l'habitat anorien : les fenêtre dites "en chien assis" qui ornent les toits et permettaient l'aménagement des combles bien avant les fenêtres de toit contemporaines, et les fenêtres en oeil-de-boeuf.
On trouve dans l'histoire la première trace de l'église d'Anor en 1170. Les abbayes de Maubeuge et de Liessies s'en disputait la tutelle. C'est finalement Liessies qui se l'est vue confiée par le pape Alexandre III lui-même en 1177.
Dans les siècles qui ont suivi, on ne trouve pas de trace du bâtiment dans les documents historiques. Ce n'est que vers 1607 qu'on en retrouve mention. L'Eglise est toujours bâtie au même endroit.Elle a été, en fait, détruite et reconstruite au même endroit à plusieurs reprises au cours des siècles.
L'Eglise Saint-Nicolas a été partiellement détruite en 1930 par un incendie. Tout l'intérieur de l'égise est anéanti (vitraux, boiserie). L'église est immédiatement reconstruite et ré-inaugurée en 1933.
L'église d'Anor est aussi victime du second conflit mondial, le 17 mai 1940 l'artillerie allemande pilonne le centre dAnor, l'église subit à nouveau des dégâts importants. Après reconstruction, elle est rouverte aux fidèles le 13 septembre 1943.
1955 vit la fin des travaux de consolidations des fondations du bâtiment
En 1983 d'important travaux de sauvegarde et de sécurité du bâtiment ont été entrepris, ils ont duré jusqu'en 1985. Ce sont ces derniers travaux qui ont donné à l'église son aspect actuel.
Le sanctuaire ne représente pas un intérêt architectural, artistique ou historique majeur. Mais l'église a été au travers les siècles un repère pour les anoriens, le centre de la vie religieuse qui rythmait la vie de nos anciens.
Construite
en briques rouges (comme tous les bâtiments de l'Avesnois) et en pierres
de pays, elle est composée d'une tour carrée surmontée
d'une flèche culminant à 50 mètres, entourée de
quatre clochetons, du choeur et de la nef dont les murs des bas-côtés
sont en pierre de pays.
L'intérieur
offre des arcades en plein cintres, et aux entrecolonnements, des voûtes
surbaissées. Les bas côtés de l'Eglise sont éclairés
par dix beaux vitraux représentant, de l'entrée jusqu'aux autels
latéraux :
A droite
: Saint Gorgon, Saint Eloi, Saint Joseph, Saint Louis et Saint Paul
.
A gauche
: Sainte Rita, Sainte Geneviève, Sainte Catherine, Sainte Cécile
et Sainte Marie Coretti
Les passionnés d'histoire pourront se référer , pour plus de détails, à la monographie de Michel Vanderplancke, "si Anor m'était conté, tome 4, l'église Saint-Nicolas."












